Les quatre sens de l'écriture
L'herméneutique biblique fonde son principe sur "les quatre sens de l'Écriture", principe qui vient du judaïsme, plus précisément de la midrash.
Le christianisme reprend ce principe.
Le principe de cette lecture biblique, c'est de regarder les textes sous divers sens, un peu comme une scène de film qui serait tournée sous des angles différents, et qui permettrait de compléter des lacunes sur chaque scène.
Ici, il s'agit d'ajouter par couches successives "des visions différentes" du texte.
Cette lecture de la Bible lui redonne toute sa dimension spirituelle, sa magnificence et sa profondeur.
Une lecture seulement littérale est une lecture de surface ; elle ne s'en tient qu'à l'historicité de la Bible.
Or, la Bible, on le sait, est bien plus que ça.
Origène reprendra ce principe à partir de la midrash, tout comme saint Paul dans ses différentes lettres. (Ga 4.24)
Plusieurs saints catholiques vont reprendre le principe des 4 sens.
Les quatre sens :
Littéral ou historique : ce qu'il y a d'écrit, le texte en lui-même.
Allégorique : qui préfigure ou annonce des faits de l'Ancien au Nouveau Testament. (ex : Manne = Cène, Serpent d'Airain = Crucifixion, etc.) Il s'agit ici de rechercher ce qui peut nous être "voilé" au premier abord. La foi
Tropologique (ou moral) : comment nous approprier ce texte et en récolter le suc, pour "porter du fruit", prendre de bonnes résolutions intérieures, c'est-à-dire comment remettre sa vie en ordre selon les commandements de Dieu à partir du texte lu. (Esclaves d'Égypte = nos péchés, dont nous sommes esclaves, d'où la phrase de Jésus : la vérité vous rendra libres.) Il s'agit là de prendre toutes les résolutions nécessaires pour retrouver une bonne conscience selon la volonté de Dieu, et le seul moyen, c'est d'écouter sa parole et de la mettre en pratique, tout en prenant conscience que sans Jésus, "nous ne pouvons rien faire" (Jn 15.15). La Charité*
Anagogique : le sens anagogique concerne le futur, mais aussi la juxtaposition du spirituel sur le matériel, comme par exemple le Christ, qui est aussi l'Église dont il est la tête, Jérusalem, qui est aussi "la Jérusalem céleste". En d'autres termes, il s'agit de regarder le texte de manière spirituelle, céleste. L'Espérance
La lectio divina, pratique de lecture principale dans le catholicisme, se fonde sur le principe des quatre sens de l'Écriture.
Le plus important, et ce qui permet une bonne compréhension de la Bible, c'est d'avoir le cœur ouvert à Jésus, d'avoir une lecture pour ainsi dire christologique, d'avoir toujours à l'esprit que Jésus-Christ est le principe et la fin (Ap 22.13), et de juxtaposer ce principe et cette fin dans l'écriture.
C'est l'amour pour Jésus-Christ, un amour non pas captatif, c'est-à-dire le faux amour qui vient de l'esprit du monde, mais oblatif, qui permet de lever le voile et d'avoir une compréhension à la lumière de la tradition catholique.
* La Charité consiste avant tout, selon ce que Jésus dit, à aimer Dieu, puis son prochain comme soi-même. (Mt 22.37-38, Lc 10.27)
Il s'agit donc d'abord de plaire à Dieu, de lui être agréable en pratiquant ses commandements, c'est-à-dire le Décalogue (Mt, chapitres 5 à 7).
Puis, pratiquer des œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles.


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